C‘est le mal du siècle ! », lancent plusieurs ophtalmologistes. « La progression de la myopie chez les enfants et les adolescents est un phénomène que nous constatons intuitivement », explique le professeur Gilles Renard, directeur scientifique de la Société française d’ophtalmologie. « On constate une plus grande fréquence de la myopie dès l’enfance et l’adolescence », résume la professeure Béatrice Cochener, chef du service d’ophtalmologie du CHU de Brest et présidente de l’Académie française de l’ophtalmologie.

L’alerte sur ce que certains appellent une « épidémie » a été donnée dans une étude du professeur Ian Morgan, chercheur à l’université de Canberra en Australie, en mai, dans la revue The Lancet. L’étude montrait que près de 90 % des jeunes en fin de parcours scolaire dans les zones urbaines des pays développés d’Asie (Chine, Singapour, Taïwan, Hongkong, Japon, Corée) présentent cette amétropie (contre 25 à 40 % chez les générations précédentes), dont 10 à 20 % sont touchés par une forte myopie. Cette progression a commencé au milieu des années 1990.

S’il est connu que les Asiatiques sont génétiquement prédisposés à la myopie, cette forte progression gagne l’Europe et les Etats-Unis, dans des proportions moindres. Le taux de myopie est d’environ une personne sur trois en Europe, soit 40 % des 12-54 ans, contre 20 % dans les années 1970. Aux Etats-Unis, la progression est identique, passant de 25 % au début des années 1970 à 41,6 % au début de l’an 2000, selon une étude parue dans Archives of Ophtalmology. En France, ce taux atteint environ 40 %, selon les chiffres du Syndicat national des ophtalmologistes de France (SNOF), dont 25 à 30 % des jeunes de 16 à 24 ans. Chez Lissac, les ventes de verres de lunettes pour myopes sont de plus en plus importantes. Même constat chez Essilor, leader mondial.

Comment expliquer ce phénomène ? Le poids de l’hérédité prédomine. Certes, il y a des familles de myopes. Mais les facteurs environnementaux sont de plus en plus évoqués : lieu de résidence, alimentation, etc. « En dehors de l’âge, les facteurs héréditaires et environnementaux sont avancés, sans qu’il soit possible de les départager ni de les quantifier », indique Marc Klein, directeur de l’enseigne Lissac.

L’étude de Ian Morgan a mis en évidence un autre facteur de risque : le manque de lumière naturelle. « La dopamine, un neurotransmetteur produit dans la rétine sous l’effet de la lumière, joue un rôle crucial dans la bonne transmission des images au cerveau et éviterait une croissance excessive de l’oeil de la naissance jusqu’à 25 ans, un oeil « trop long » étant l’oeil de myope », détaille la professeure Cochener. Une étude du professeur Seang-Mei Qaw, de l’université de Singapour, publiée fin 2011 dans Ophtalmic & Physiological Optics, a également montré que la prévalence de myopie atteignait 30 % chez les enfants chinois vivant en milieu urbain à 10 ans et 78,4 % à 15 ans. Dans les milieux ruraux, ce taux atteint 36 à 55 % selon les régions.

Les enfants qui pratiquent peu d’activités de plein air sont plus myopes (ou moins hypermétropes). « Il semblerait que ce soit bien le temps passé dehors, à la lumière naturelle, qui est un élément protecteur, et non la pratique de l’activité physique elle-même », ajoute Alexis Lavergne.

« Les grands foyers de myopie se situent parmi les civilisations qui ont développé l’écriture. Celles-ci sollicitent beaucoup leur vision de près. Et cette vision est de plus en plus sollicitée par les enfants et les jeunes avec les écrans », explique le professeur Gilles Renard.

En France, les jeunes de 18 à 24 ans passeraient en moyenne 2 heures et 27 minutes chaque jour devant un écran (ordinateur, téléphone mobile, tablette), selon le baromètre de l’Association nationale pour l’amélioration de la vue (Asnav) et OpinionWay. Un temps auquel s’ajoutent 106 minutes en moyenne devant la télévision.

Toutefois, « la théorie que le temps passé exagérément sur les écrans d’ordinateurs et consoles vidéo favoriserait le développement de la myopie ne trouve aucun support scientifique », faute d’études épidémiologiques, tempère le professeur Thanh Hoang-Xuan, chef du service d’ophtalmologie à l’Hôpital américain de Paris, dans la revue Acuité du 22 novembre. Fait préoccupant, selon l’Asnav, 15 % de ceux qui ont une correction visuelle ne portent pas leurs lunettes ou lentilles pendant qu’ils sont sur leur ordinateur, ce qui conduit à une fatigue visuelle. « Plusieurs études sont en cours, notamment en Chine, à Taïwan et aux Etats-Unis, pour identifier les facteurs de risque de la myopie », explique Marc Klein.

« Les myopies dites « accommodatives » sont également à mentionner », explique la professeure Cochener : typiquement, l’étudiant concentré sur sa feuille ne parvient plus à ajuster sa vue sur l’écran de l’amphithéâtre. « La vision de près rend myope. De nombreux étudiants en classes préparatoires deviennent myopes », ajoute le professeur Jean-Claude Hache.

Autre point, environ 1 million des plus de 16 ans n’ont jamais fait contrôler leur vue, alerte l’Asnav. De plus, résume une infirmière scolaire à Pantin, « nous voyons de plus en plus d’enfants dépistés mais qui ne sont pas soignés ».

Un oeil trop long

La myopie est un défaut de la vision et, plus précisément, un trouble de l’accommodation (mécanisme de mise au point opérée par l’oeil pour que la formation de l’image soit nette sur la rétine quelle que soit la distance entre le stimulus et l’oeil). Elle se caractérise par une vision floue des objets éloignés tandis que la vision de près n’est pas affectée. La myopie est un trouble de la vision dû principalement à un oeil « trop long » : la distance entre la cornée et la rétine est trop importante. Il existe trois niveaux de myopie : une « petite » ou faible myopie de 0 à -2 dioptries ; une myopie « moyenne » entre -2 et -6 dioptries ; et une « forte » myopie de -6 à -20 dioptries. La dioptrie est l’unité caractérisant la valeur du trouble visuel. Tous les bébés naissent hypermétropes. La myopie apparaît généralement au début des années collège, vers 10-11 ans.

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source : lemonde.fr

L’opticien lance dans l’audition sa formule du deuxième produit à 1 euro pour attirer des clients et des franchisés.

Les bonnes recettes ne vieillissent pas. Trente ans après avoir inventé l’offre «Tchin Tchin» avec la deuxième paire de lunettes à 1 euro, Alain Afflelou applique la formule aux prothèses auditives et propose le deuxième appareil à 1 euro. «Pour prendre position sur un marché, il faut proposer quelque chose de nouveau, soutient l’opticien, qui n’est qu’un petit acteur dans le domaine. «Nous acceptons de rogner la marge sur le deuxième appareil, ce qui permet de proposer une paire d’aides auditives autour de 1500 euros», explique le dirigeant, qui en porte lui-même. Pour soigner une presbyacousie, il faut en effet débourser 3400 euros en moyenne pour les deux oreilles.

En cassant les prix, Alain Afflelou entend attirer de nouveaux clients, une partie de ces nombreux Français, parmi les plus de 60 ans surtout, qui ont un trouble auditif et ne le corrigent pas. Il leur proposera par ailleurs un nouvel abonnement pour l’entretien des appareils et une assurance pour 16 euros par mois. Mais, ce message offensif doit aussi permettre d’attirer des franchisés.

En se lançant dans l’audition début 2011, Alain Afflelou, président du réseau d’opticiens, était ambitieux. Il visait 20 % de part de marché, soit presque autant que les deux principaux, Audika et Amplifon. Mais, avec 50 points de vente aujourd’hui, l’opticien est loin des 150 sites visés fin 2012. «Le développement a été plus long que prévu, notamment en raison de la pénurie d’audioprothésistes», reconnaît Alain Afflelou, qui se garde de faire des prévisions.

9 % de croissance annuelle

Son annonce tombe en pleine guerre des distributeurs d’appareils auditifs. Le syndicat national des audioprothésistes (Unsaf) a assigné l’an dernier Sonalto, arrivé sur ce marché début 2011. En septembre, la start-up a, à son tour, attaqué le leader du marché français Audika, l’accusant de s’adjuger des «marges qui font la fortune des audioprothésistes». Sonalto casse les prix, en proposant, via les pharmacies, des appareils sans réglage pour les personnes ressentant «une gêne légère ou débutante». Mais, ces «assistants d’écoute», vendus 299 euros, se contentent d’amplifier les sons de quelques décibels. Ces appareils ne sont donc pas adaptés aux clients, estiment les audioprothésistes qui justifient leurs prix, 1700 euros en moyenne, par le réglage, le suivi et les autres services qu’ils proposent. Ceux-ci ont d’autant plus de raison de s’inquiéter que le dernier entrant, Earwell, recrute sur Internet en proposant un appareillage à 489 euros, avant d’aiguiller ses clients vers ses deux magasins, à Paris et à Lyon. Ces nouveaux arrivants compliquent la vie des enseignes installées. Audika, qui exploite 450 centres, a vu ses ventes reculer de 4 % au premier semestre 2012 et son bénéfice plonger de 40 %.

La situation pourrait empirer tant le marché de l’audition attise les convoitises. Aujourd’hui de l’ordre d’un milliard d’euros pour 500.000 appareils vendus, il devrait exploser. Moins de 15 % des ­5 à 7 millions de déficients auditifs sont appareillés et leur nombre ne cesse de s’accroître. La population âgée de 65 à 69 ans, la principale cible, augmentera de 25 % d’ici à 2015 et les ventes d’appareils auditifs devraient donc progresser de 9 % par an à partir de 2012, estime le cabinet Xerfi. En 2011, elles avaient crû de 7 %, mais cette année la croissance devrait stagner à 1 % en raison des reports d’achat.

Les opticiens aimeraient néanmoins agrandir leur part de ce gâteau, car les ventes de lunettes, dans quelque 11.500 points de vente en France, commencent à stagner. Optic 2000 s’est lancé dès 1999 dans l’audition en créant Audio 2000. Optical Center et Atol, plus modestement, ont suivi… Krys entend relancer Krys Audition en 2013.

Encore faut-il trouver des spécialistes des prothèses auditives. «Environ 150 audioprothésistes sont formés chaque année, il en faudrait 200 à 250», estime Michel Touati, président du syndicat professionnel Synea. De quoi élargir un peu, mais pas trop, le marché.

L’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 novembre la proposition de loi sur les réseaux de soins mutualistes, au terme d’âpres débats.

Ce texte permet aux mutuelles de mieux rembourser leurs adhérents lorsqu’ils s’adressent à un professionnel de santé membre d’un réseau mutualiste : une possibilité jusqu’à présent réservée aux seuls assureurs et institutions de prévoyance, rappelle-t-on.

Les députés socialistes, écologistes et radicaux ont voté pour cette proposition de loi, tandis que les élus du Front de gauche se sont abstenus. Les députés des groupes UMP et Rassemblement UMP (RUMP) ainsi que ceux du centre (UDI) ont voté contre.

Composé de trois articles, le texte a été peu amendé. Outre une modification purement rédactionnelle, les députés ont adopté un amendement à l’article 2 précisant que les mutuelles devaient garantir à leurs adhérents une information « complète », là où la formulation initiale prévoyait une information « suffisante », sur « l’existence du conventionnement, ses caractéristiques et son impact sur leurs droits ».

source : mutualite.fr

Le paysage de l’optique change. La part de marché du low cost ne cesse d’augmenter, au détriment des indépendants, qui ne pèsent plus que 35 % du chiffre d’affaires.

C’était fin mars 2012, place de la République. Les journées Vision d’avenir, sur la santé visuelle, se tenaient pour la deuxième fois consécutive à Lyon. “Vendre trois ou quatre paires de lunettes pour le prix d’une n’a pas de sens”, expliquait alors Thierry Caillat, l’un des cinq opticiens à l’origine de l’événement. Et de défendre : “Nous sommes des professionnels de santé, pas uniquement des commerçants.”

En ligne de mire, les enseignes d’optique low cost qui proposent des offres toutes plus alléchantes les unes que les autres. “2 paires de lunettes de marque, 1 achetée = 1 offerte” chez Optical Center, “Opération 1 optique achetée = 1 solaire de marque au choix” pour Grand Optical, “La 2e paire pour 1 euro de plus, c’est pour qui vous voulez” chez Afflelou, “Lentilles souples journalières à usage unique 1 euro la paire” pour les opticiens Atol, énergiquement boostés par la très visuelle Adriana Karembeu.

Si les enseignes d’optique, dont le nombre a augmenté de 20 % en France entre 2005 et 2011, redoublent d’efforts pour séduire myopes, astigmates et autres presbytes, c’est que le marché est gigantesque : avec près de 80 % de la population qui porte des lunettes ou des lentilles de contact, le chiffre d’affaires du secteur s’élève à plus de 5,7 milliards d’euros, avec une croissance à deux chiffres (+ 15 % par rapport à 2005*). Et, quand il s’agit de sommes aussi importantes, tous les coups sont permis (lire Le boycott du discount à Lyon). À commencer par les campagnes de pub, dont Afflelou, Optic 2000, Krys et Atol se sont fait une spécialité – strictement interdite – à grands coups de millions d’euros (40 millions pour Afflelou par exemple, soit 45 % du budget communication du secteur). “Les professionnels de la santé n’ont pas le droit, en vertu du code de déontologie médicale du conseil national de l’ordre des médecins, d’utiliser des moyens pour drainer la clientèle. Mais les pouvoirs publics laissent faire”, explique Alain Gerbel, le président de la Fédération nationale des opticiens de France.

Gros volumes, grosses marges

Même les low cost s’y mettent. Il y a quelques années, Grand Optical avait créé le buzz avec Zinedine Zidane (280 000 euros en production et en achats média, et 1,6 million de cachet). Bonne pioche : le taux de notoriété de l’enseigne était passé de 35 % à 56 % sur la première année de collaboration. Mais ce qui attire les consommateurs, particulièrement aujourd’hui, c’est le prix. D’autant que le remboursement par la Sécurité sociale se réduit à peau de chagrin (Lire Remboursements de lunettes, ras les pâquerettes). “Le prix d’un produit dépend de trois variables, explique Alain Gerbel : la main-d’œuvre, les frais fixes, c’est-à-dire ce qui fait la boutique, et la qualité du produit. Si, toute l’année, vous proposez des rabais de 40 %, c’est que vous jouez forcément sur les trois, car, si vous ne jouez que sur une seule variable, vous faites de la merde et ça se sait.”

Chez Optical Center, première enseigne lyonnaise low cost, le concept est rodé. “On ne choisit que des emplacements n° 1 bis, explique Loris Proietto, le directeur de la boutique de la rue de la Bourse. C’est deux fois moins cher que Grand Optical, qui est rue de la Ré’.” Et Laurent Levy, le grand patron France, d’ajouter : “On achète directement à la source, chez Prada, chez Boss, etc., en énormes quantités, par dizaines de milliers d’unités chaque mois. Cela nous permet de tirer les prix vers le bas.” Sans compter le système de franchise, qui permet de réaliser de substantielles économies d’échelle (achats, logistique), donc des gains de compétitivité.

Les e-lunettes en mettent plein la vue

Mais la deuxième révolution du marché de l’optique, c’est la vente en ligne. Les cyber-opticiens poussent comme des champignons. L’objectif est de supprimer les intermédiaires pour casser les prix. Donc de drainer le plus de monde possible. Et de réaliser ainsi de plus gros volumes. Pour finir par pratiquer des prix très bas. Le b.a.-ba de l’e-commerce low cost en quelque sorte. “L’année 2012 sera l’année où l’on saura peut-être à quel point le commerce en ligne viendra bouleverser (ou pas) le paysage des ventes de produits optiques”, écrit dans son dernier rapport sur l’optique hexagonal GfK, l’un des leaders mondiaux des instituts d’études de marché. “L’avenir, c’est la vente en ligne, confirme Laurent Lévy. En France, fin 2011, cela représentait 1 % du marché de l’optique. D’ici 2020, nous estimons que ça approchera les 10 %.” Fin février, Optical Center a d’ailleurs lancé la première franchise sur Internet. “Ce sont ainsi 300 minisites qui arrivent sur le marché”, explique le patron d’Optical Center – tous les franchisés du groupe étant rémunérés sur les achats en ligne qui sont retirés en magasin. La démarche est simple : l’internaute saisit les informations de son ordonnance (sphère, cylindre, axe), scanne celle-ci, prend, via une webcam, son écart pupillaire et peut même essayer virtuellement les montures.

Jusqu’à maintenant, les grands groupes hésitaient à franchir le pas du 100 % virtuel. Optical Center l’a fait. “La prise de mesures, contrairement à ce qui est affirmé depuis toujours, est un processus qui n’est pas normé, explique Marc Simoncini, le pdg du site d’optique en ligne sensee.com (également pdg de Meetic), à propos de la vente de lunettes sur le Web. La précision des appareils majoritairement utilisés par les magasins est d’environ un millimètre (plus encore si l’appareil est mal étalonné, ce qui est très fréquent) : c’est le premier risque d’imprécision. Le centrage manuel des verres ? Voilà le deuxième risque d’imprécision. Le montage manuel des verres, c’est le troisième risque d’imprécision. Enfin, qui peut croire que nous portons précisément nos lunettes dans la même position depuis leur achat en magasin ? Voici la quatrième source d’imprécision ! Si cette précision était si cruciale, une norme régirait les prises de mesures en magasin ou sur Internet. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas**.” Mais le mouvement est lancé.

Face au tollé des opticiens “historiques” face à la montée en puissance de la vente en ligne du matériel d’optique, un projet de loi encadrant l’e-commerce low cost a été entériné, fin 2011, en première lecture par l’Assemblée nationale et le Sénat. Parmi les grandes lignes du projet de loi : la certification des prises de mesures nécessaires à la délivrance d’un équipement, qu’elles soient faites manuellement ou via un logiciel, par la Haute Autorité de santé. Mais, pour cause d’élection présidentielle, la version finale a été mise en suspens.

* Source : GfK.

** Tribune parue dans le point.fr le 15/11/11.

En pleine polémique, les réseaux de soins font l’actualité. Les mutuelles souhaitent moduler leurs remboursements pour diminuer le restant à charge des assurés, les médecins refusent, en dénonçant une santé de moindre qualité et la fin de la médecine libérale. UFC-Que Choisir parle de la puissance d’un « lobby médical ».

Les mutuelles veulent mettre en place des réseaux de soins

Une proposition de loi vise à permettre aux mutuelles santé de moduler leurs prises en charges aux seins de réseaux de soins.

L’idée est de proposer aux adhérents une prise en charge plus avantageuse au sein d’un réseau composé de professionnels de santé ayant signé une convention avec la mutuelle en question. L’objectif étant de permettre aux adhérents de bénéficier de tarifs plus avantageux et un meilleur remboursement, ce qui a pour conséquence un restant à charge plus léger, gage d’accès aux soins.

Mais la pression est si forte que la ministre de la Santé a dû limiter les contours du texte en précisant l’importance de la liberté de choix du patient et en limitant les réseaux aux opticiens et aux dentistes dont les prestations sont particulièrement élevées et que la Sécurité sociale prend mal en charge.

UFC-Que Choisir parle d’un puissant lobbying médical

Si les mutuelles ne peuvent toujours pas moduler leurs remboursements, c’est surtout en raison de la polémique soulevée par les professionnels de santé.

Pour l’association de consommateurs, cette pression exercée par de « puissantes organisations professionnelles » s’explique par la peur d’une nouvelle baisse de leurs honoraires voire de la mise en place d’une certaine forme de concurrence entre les professionnels faisant partie des réseaux et les autres.

L’argument des professionnels de santé s’articule alors principalement autour de la baisse de la qualité des prestations de santé au sein des réseaux.

Rédigé par Stéphanie Robert – Mutuelle-land

Alors que l’examen de la proposition de loi sur les réseaux de soins débute mercredi 28 novembre à l’Assemblée nationale, les arguments s’opposent sur la perception par les Français des réseaux d’opticiens : sont-ils statisfaits à 81% comme l’affirme la Mutualité française ou réticents à 57%comme le prétendent les opticiens indépendants ?

Deux camps s’opposent à la veille de l’examen par l’Assemblée nationale mercrdi 28 novembre de la proposition de loi sur les réseaux des mutuelles. D’un côté, les mutuelles font valoir les avantages de ces réseaux agréés qui permettent une meilleures gestion des dépenses de santé et de réduire de 30% à 40% le reste-à-charge pour les adhérents tout en contrôlant la qualité des prestations. De l’autre, un certain nombre de professionnels parmi lesquels, des opticiens, des chirurgiens-dentistes ou encore des internes accusent ces réseaux de restreindre la liberté de choix des patients et la liberté de l’exercice médical.

A l’origine cette proposition de loi avait une vocation « technique » : elle devait modifier le Code de la mutualité afin de permettre aux mutuelles santé de rembourser différemment leurs adhérents selon qu’ils passent ou non par des professionnels de ses réseaux agréés (principalement des opticiens, des dentistes et des audioprothésistes). Ce remboursement est déjà possible pour les autres acteurs de l’assurance complémentaire santé qui dépendent du Code des assurances : les compagnies traditionnelles et les institutions de prévoyance.

Mais le débat a dérivé vers une mise en question beaucoup plus fondamentale des réseaux de soins, de leur étendue, de leur fonctionnement et même de leur légitimité dans le système de santé français. Déposée au parlement à la période durant laquelle s’achevait dans la douleur les négociations sur les dépassements d’honoraires, la proposition de loi a été vue par les internes des hôpitaux comme une menace à leur futur exercice de la médecine et ils en ont fait l’une des revendications phare de leur grève lancée le 12 novembre.

Dans le même temps les sondage se succèdent.  Les deux camps tentent de convaincre les députés du bien fondé de leurs positions à grands coups d’arguments chiffrés.

Les porteurs de lunettes sont satisfaits des réseaux de soins, selon la Mutualité

Selon une Ipsos-1-Les-Francais-et-l-optique-Le-cout-et-la-qualite-des-prestations-optiques-en-tete-des-preoccupations-des-Francais »>enquête Ipsos réalisée pour la mutualité française, 81% des acheteurs de lunettes auprès d’opticiens membre d’un réseau agréé se sont déclarés satisfaits de leur dernier achat à comparer avec 71% de satisfaits pour l’ensemble des porteurs de lunettes. Le rapport qualité-prix des verres rencontre même 93% de satisfaction, le tiers-payant 91% et le montant de remboursement 83%. « La satisfaction augmente avec le renouvellement de l’achat en réseau : 22% des acheteurs chez un opticien agréé sont plus satisfaits que lors de leur précédent achat, 70% sont autant satisfaits », souligne la Mutualité.

Les Français restent très attentifs au reste-à-charge, c’est à dire au montant que l’acheteur de lunettes devra payer de sa poche. En effet, 74% des répondants de l’enquête indiquent avoir choisi leur opticien agréé par ce qu’il leur garantit de bénéficier du tiers-payant (frais directement remboursés par la mutuelle à l’opticien sans que le client avance l’argent). Et 71% avouent avoir pris en compte le rapport qualité-prix  des verres ou des montures avant de décider où s’adresser.

Mais 57% de porteurs sont réticents à ces réseaux, selon les opticiens indépendants

Selon une enquête de Gallileo Business Consulting  réalisé pour la Centrale des opticiens (centrale d’achats qui regroupe 2000 opticiens indépendants) auprès d’un échantillon représentatif de 915 porteurs de lunettes, la part des consommateurs, informés de l’existence d’un réseau d’opticiens agréés leur proposant des conditions de meilleurs remboursements mais qui ont décidé d’acheter quand même leurs lunettes en dehors du réseau, a doublé par rapport à 2010. Elle était de 19%, elle est passée à 39% en 2012.

Pour Fabrice Masson,  directeur de la Centrale des Opticiens, cette progression des « assurés rebelles » est une « surprise », même si cette réponse est cohérente avec la préférence affichée des personnes interrogées pour la liberté de choix. En 2012 en effet, 57% des répondants préfèrent que la complémentaire santé ne rembourse pas 20% supplémentaires mais laisse le libre choix d’aller chez n’importe quel opticien, contre 38% en 2010.

L’attachement des Français au libre choix de leur opticien passerait avant les impératifs d’économies pour la Fédération des opticiens indépendants de France (FNOF), citée en référence par  Stéphanie Dangre, présidente du groupe All, leader des opticiens indépendants, qui a déposé un dossier à la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Selon une étude de la FNOF, 36% des Français choisissent leur opticien pour des motivations économiques, 22% en fonction du tiers payant et 14% pour avoir un reste à charge nul.

Mais les opticiens qui travaillent dans des susccursales ou des franchises de grandes enseignes, ne sont pas forcément aussi critiques vis à vis des réseaux de soins agréés. « Être agréé par un réseau de soins est un avantage compétitif pour un magasin d’optique », estime Olivier Baroukh, directeur du réseau des succursales d’Optical Center.

Les députés devront trancher

Les députés commencent à examiner en séance publique le mercredi 28 novembre la propostion de loi sur les réseaux de soins des mutuelles. Ils sont confrontés à ces arguments contradictoires. Déjà, les critiques exprimées ont conduit la Commission des affaires sociales de l’Assemblée, qui a examiné le texte la semaine dernière, à procéder à différents aménagements comme le relève l’agence fédérale d’information mutualiste (Afim). « L’examen du texte par la commission des Affaires sociales, le 21 novembre, a abouti à un changement de nom actant d’ores et déjà l’existence de ces réseaux. Il s’agit désormais de la proposition de loi « relative au fonctionnement des réseaux de soins créés par les mutuelles et aux modalités de mise en oeuvre des conventions conclues entre les organismes de protection protection sociale complémentaire et les professionnels de santé », indique l’Afim. Auparavant, le texte visait à « permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux de soins ».

A la suite de la levée de boucliers des internes en grève, la députée socialiste présidente de la commission des Affaires sociales, Catherine Lemorton, a par ailleurs introduit un amendement visant  faire en sorte que les réseaux mutualistes ne puissent plus concerner les médecins, ce qui limite considérablement leur extension dans l’avenir. Un autre amendement a affirmé le droit fondamental de chaque patient au libre choix du professionnel, de l’établissement ou du service santé, afin d’apaiser notamment les internes.

Et dans son rapport sur la proposition, la Commission des affaires sociales estime que ce texte constitue « la première étape d’une réflexion plus large sur l’organisation de notre système de santé ». Le débat ne fait donc que commencer.

Séverine Sollier

source : latribune.fr

 

BUDGET – Le débat fait rage alors que le gouvernement veut «réguler le prix des lunettes» en favorisant notamment les réseaux d’opticiens agréés des complémentaires santé…

«Mieux encadrer la tarification» des lunettes. C’est l’une  des priorités annoncées  fin octobre par la ministre de la santé Marisol Touraine. Le chantier démarrera mercredi, avec l’examen à l’Assemblée d’un texte visant à autoriser les mutuelles santé à mieux rembourser leurs adhérents lorsqu’ils se font soigner par des professionnels agréés dans le cadre de réseaux de soins.

Le principe de ces réseaux est simple: demander aux opticiens de réduire leurs marges en contrepartie de la garantie d’un volume de clientèle supérieur. «Le nombre de magasins d’optique a presque doublé en dix ans en France, ce qui a réduit leur productivité à trois équipements par jour en moyenne. Plus on a créé de magasins, plus on a vu le panier moyen du client augmenter», analyse Christian Py, membre du bureau de la Mutualité française.

Des réseaux 20 à 50% moins chers

Selon un rapport publié par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) en juillet, ces réseaux affichent des tarifs de 20 à 50% plus bas que les tarifs catalogues sur l’optique. «Plus l’équipement est cher plus l’écart constaté est important. Dans 35% des cas, le reste à charge oscille entre 100 et 200 euros mais dans majorité des cas, il tend vers zéro», précise Christian Py.

Bien mais insuffisant, rétorquent les associations de patients. «Le vrai problème c’est que les complémentaires n’ont jamais vraiment fait baisser le prix des lunettes», estime Christian Saout, le président du Collectif interassociatif sur la santé (CISS). «La preuve c ‘est qu’elles remboursent des offres du type ‘3 paires pour le prix d’une’. Ce qui signifie que ces lunettes sont au moins trois fois trop chères parce qu’il est certain que l’on ne vous en fait pas cadeau!» assure-t-il

Un secteur insuffisamment concurrentiel

«La baisse des coûts de l’optique n’est pas centrale dans la stratégie de développement de ces réseaux de soins des complémentaires santé car le remboursement de l’optique est un produit d’appel pour séduire de nouveaux assurés», avance également Olivier Babeau, professeur à l’université Paris VIII. Pour lui, seule une véritable ouverture à la concurrence du marché, notamment aux acteurs du Web permettra une véritable baisse des prix. Grâce à des marges divisées par deux et des frais d’exploitation réduits, le site de ventes de lunettes en ligne Happyview assure par exemple proposer des produits «2,5 à 4 fois moins chers que les opticiens classiques en fonction du modèle».

Une offre alternative, qui est toutefois freinée en France par des obstacles culturels mais aussi commerciaux. «Les fabricants de verre nous interdisent de dire qu’ils nous fournissent car les grands réseaux d’optique les menacent de ne plus travailler avec eux», confie Marc Adamowicz, président fondateur d’Happyview.

Un double jeu, doublement gagnant pour les verriers, qui contribueraient aussi grandement à l’inflation tarifaire dans le secteur. «Ils mènent un lobbying intense pour vendre le plus cher possible des verres aux innovations technologiques parfois douteuses», souligne Christian Py. «C’est un système totalement opaque pour le consommateur qui ne peut constater le résultat du verre qu’une fois monté. Alors que pour la plupart des corrections légères, un verre standard serait suffisant», estime-t-il.

Claire Planchard
source : 20minutes.fr

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