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Jean-Martin Cohen Solal était l’invité hier de l’émission Le Grand 8, sur la chaîne Direct 8. Pourquoi les lunettes coûtent si cher en France, lui ont demandé Laurence Ferrari et Audrey Pulvar ? « La première raison est qu’il y a trop d’opticiens en France et qu’on en forme trop chaque année. De plus, les tarifs des opticiens ont explosé ces dernières années », a expliqué le délégué général de la Mutualité Française.

« Le rapport de la Cour des comptes montre que l’opticien est à la fois distributeur et prescripteur des lunettes, a souligné Jean-Martin Cohen Solal. Une loi est actuellement en discussion à l’As­semblée pour permettre aux mutuelles de mettre en place des réseaux permettant à la fois de mieux maîtriser la qualité et les prix. » Le délégué général de la Mutualité a dénoncé la dérégulation du marché de l’optique. « Nous avons tous intérêt à maîtriser les tarifs. Quand deux millions de Français renoncent à changer de lunettes pour une question d’argent, on mesure l’ampleur du pro­blème », a-t-il constaté. « Nous ne souhaitons par le désengagement de l’assurance maladie de l’optique ! », a-t-il conclu sur Direct 8.

Une déclaration reprise dans plusieurs quotidiens régionaux ce matin, comme Le Progrès, Le Dauphiné libéré, L’Est républicain, Les Dernières Nouvelles d’Alsace et d’autres titres. « Nous demandons à ce que le marché de l’optique soit régulé. » Ce qui signifie ? « Une bonne mutuelle ne rembourse pas tout et à n’importe quel prix. Nous constatons dans l’optique une inflation des dépenses au profit de la distribution et des opticiens, au détriment des patients », répond Jean-Martin Cohen Solal.

Retraites : place au débat parlementaire !
Le projet de loi sur la réforme des retraites a été présenté hier en Conseil des ministres et sera discuté à l’Assemblée à partir du 7 octobre. Le gouvernement a demandé aux députés de sauvegarder l’équilibre financier du texte. « La réforme repose sur un équilibre d’ensemble. Cet équilibre, il faut évidemment le préserver », a ainsi déclaré hier la ministre des Affaires sociales, qui défendra le texte du gouvernement.

Le volet social de la réforme est important, a-t-elle souligné, détaillant les « mesures de justice » du projet, dont la création d’un compte-pénibilité pour les salariés du privé travaillant dans des conditions difficiles. Il permettra, à partir du 1er janvier 2015, d’accumuler des points pour partir plus tôt à la retraite, explique Le Figaro-économie (page 21).

Ce dispositif montera progressivement en charge pour bénéficier à terme à un salarié sur cinq, selon le gouvernement, et à seulement un sur quatre, selon les experts de la commission Moreau pour l’avenir des retraites. Environ 150.000 salariés pourraient ainsi partir avant 62 ans, selon les estimations du Figaro-économie.

Les réactions syndicales sont diverses. La CGT maintient la pression, en appelant à une semaine d’action du 7 au 11 octobre, à l’occasion de l’ouverture du débat parlementaire, avec la perspec­tive d’une journée nationale d’action unitaire et interprofessionnelle, rapporte L’Humanité (page 2).

De son côté, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, annonçait hier, dans un entretien au Parisien/Au­jourd’hui (pages 4 et 5), son intention « de faire pression auprès des députés », « en envoyant un courrier à chaque parlementaire ». La CFDT et deux autres syndicats, la CFTC et l’Unsa (syndicats autonomes), se sont félicitées hier, dans une tribune parue sur le site Internet de Libération ( www.liberation.fr), de la méthode de concertation, qui a permis selon eux, d’obtenir « des droits nouveaux » pour les salariés.

« Notre combativité reste entière, alors que s’ouvre le débat parlementaire », affirment les trois syndicats. Ils ont dé­cidé de « zoomer » ensemble sur quatre re­ven­dications, auprès des députés. La première d’entre elles porte sur « la prise en compte des périodes de stage dans la validation de trimestres de retraite ». « La préservation des retraités ayant de basses pensions », des « avancées rapides contre les inégalités dont sont victimes les femmes » et « une prise en compte des salariés en fin de carrière toujours en situation de pénibilité » sont leurs trois autres exigences.

Succès du dossier pharmaceutique
Lancé sans fanfare, le dossier pharmaceutique, qui recense les médicaments délivrés pour chaque patient au cours des quatre derniers mois est actif dans 9 cas sur 10, a annoncé hier l’Ordre national des pharmaciens (Le Figaro-économie, page 24). Cet outil a conquis 98 % des pharmacies et concerne près d’un Français sur deux.

Le dossier pharmaceutique pourrait bientôt être élargi à la surveillance des contrefaçons de médicaments et au suivi des vaccinations, voire, dans le futur, à la gestion des crises sanitaires. Il permet de joindre en vingt minutes la quasi-totalité des officines de l’Hexagone, les quelque 300 grossistes répartiteurs et plus de 2.000 établissements sanitaires.

En juin, un arrêté a étendu l’accès du dossier pharmaceutique aux services d’urgence, d’anesthésie et de gériatrie. « C’est une révolution pour les urgentistes de connaître en trois secondes l’historique d’un patient en termes de médicaments », explique Isabelle Adenot, présidente de l’Ordre des pharmaciens.

John Sutton

source : mutualite.fr

L’UFC-Que choisir a réagi, mardi 17 septembre, au rapport de la Cour des comptes préconisant la fin du remboursement d’une partie des frais d’optique par la Sécurité sociale. L’association propose, elle, que le marché de l’optique soit davantage contrôlé, et le développement d’accords tarifaires entre les mutuelles et les opticiens pour faire baisser les prix des lunettes.

L’association fait valoir qu’« avec un prix de vente moyen de 470 euros et un budget optique 50 % supérieur à la moyenne européenne, les lunettes sont en France bien trop chères pour beaucoup d’usagers ». « L’absence de régulation du secteur, aujourd’hui dénoncée également par la Cour des comptes, engendre un surcoût pour le consommateur évalué par l’UFC-Que choisir à 510 millions d’euros par an », écrit l’association dans un communiqué.

« MARGES EXORBITANTES »

Ces surcoûts proviennent principalement de la pléthore de points de vente (+ 47 % ces douze dernières années), souligne l’association. Ces magasins vendent moins de trois paires de lunettes par jour ouvré en moyenne et leur « sous-activité chronique » les incite à vendre plus cher pour couvrir les frais, explique l’association. Les opticiens s’assurent ainsi des « marges exorbitantes » de parfois plus de 300 %, fustige l’UFC-Que choisir.

L’association de consommateurs appelle les parlementaires à inscrire dans la loi « une régulation impérative » du secteur et à permettre le « développement des réseaux de soins en optique ».

Budget de la Sécu : le médicament ne veut pas être une « variable d’ajustement »

Anticipant les arbitrages du gouvernement sur le budget de la Sécurité sociale qui doivent être rendus publics le 26 septembre, les industriels du médicament ont tenu à mettre en garde contre le risque de faire peser les économies sur eux. Il n’est « pas acceptable que le secteur du médicament, qui pèse 15 % des dépenses de santé, ait contribué, à hauteur de 1 milliard d’euros, à 56 % des économies du secteur », a déclaré devant la presse Patrick Errard, président du LEEM (Les entreprises du médicament). « Attention à l’ampleur des mesures », qui doivent être « justes, proportionnées par rapport à ce que nous pesons », a-t-il ajouté. Pascal Brière, président du Gemme (médicaments génériques), a, lui, soutenu « une stratégie de santé publique » et mis en garde contre le fait « de considérer [leur] industrie comme une variable d’ajustement ». Les industriels ont notamment demandé « une vraie coordination entre politiques publiques et stratégies industrielles ».

source : lemonde.fr

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L’assurance maladie continuera à rembourser les lunettes de vue. C’est ce que promet la ministre des Affaires sociales dans un entretien mardi au site du quotidien Ouest-France. Marisol Touraine coupe ainsi court à la suggestion de la Cour des comptes qui, dans son rapport publié ce mardi, suggère de réfléchir à ce que l’assurance maladie se retire de l’optique, déjà peu remboursé, (à hauteur de 200 millions d’euros), et largement pris en charge par les complémentaires santé.

«Il n’y aura pas de déremboursement» des lunettes affirme la ministre qui se dit «pas du tout favorable» à la préconisation des Sages de la rue Cambon. Marisol Touraine qui reconnait «qu’il y a des marges importantes sur l’optique, des différences assez étonnantes», ajoute avoir engagé «un processus», qui viendra à son terme «prochainement» pour voir comment «faire baisser les prix de certains produits» d’optique. Selon elle, «il s’agit d’engager la concertation et le dialogue pour faire en sorte de peser sur les prix, en particulier des lunettes».

«Je ne peux pas me résigner à l’idée que les lunettes deviennent un produit de luxe quand on sait que, évidemment, c’est quelque chose d’essentiel. Ce qu’il faut, c’est des produits de qualité à un prix accessible» conclut-elle.

.source : leParisien.fr

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La Cour des comptes  constate que l’Assurance maladie rembourse de manière marginale les frais d’optiques et que les complémentaires jouent  la surenchère des prix.

Les soins d’optique en France, un système où le grand perdant est le patient ! C’est l’un des constats du rapport annuel de la Cour des comptes sur, « l’application des lois de financement de la Sécurité sociale ». Dans ce texte rendu public ce mardi matin, les Sages font un constat, la Sécu ne rembourse quasi plus les soins d’optique. Une conclusion inquiétante pour les Français qui n’ont pas accès à une complémentaire santé.

La Sécu a abandonné le remboursement des soins d’optique aux complémentaires
En effet, dans un marché évalué à 5,3 milliards d’euros, la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) n’a déboursé en 2011 que  200 millions d’euros. Une somme dérisoire à côté des 3,6 milliards dépensés par les complémentaires santé. Et le système ne va pas en s’améliorant, puisque d’années en années, la Sécu rembourse de moins en moins les soins d’optique. Ainsi, le taux de remboursement de la Cnam a reculé de 3,9 % en 2008 à 3,6 % en 2011.

La surenchère des complémentaires nuit au portefeuille des Français
Les complémentaires ne sont en effet pas épargnées par la Cour des comptes. Dans un marché il est vrai extrêmement concurrentiel, les complémentaires n’ont cessé de jouer la surenchère. Leur taux de prise en charge des soins d’optique  est ainsi passé de 56,8 % à 68,4 %, ces remboursements sont de ce fait devenus un véritable produit d’appel. Mais ce système pénalise le patient. D’après la Cour des comptes, même si la progression de la prise en charge a permis aux ménages de réduire leur propre participation, elle a aussi favorisé une hausse des prix et des dépenses. Résultat, les Français sont en Europe, ceux qui dépensent le plus pour y voir mieux.

Comment garantir un bon niveau de remboursement
La Cour des comptes recommande d’une part, de garantir aux patients un remboursement minimum des soins d’optique. « Le nouvel accord interprofessionnel signé en janvier dernier par les partenaires sociaux, qui prévoit que toute salarié devra bénéficier d’une complémentaire santé en janvier 2016, pourrait être l’occasion d’encadrer le marché de l’optique », soulignent les auteurs du rapport. La Cour verrait par exemple d’un bon oeil, un plafonnement des remboursements et des fréquences de renouvellement de lunettes.
En outre, les Sages recommandent de développer les parcours de soins, « un autre bon moyen de contenir les prix ». En effet, si le patient passe par un professionnel, membre du réseau de soins de la complémentaire, il sera mieux remboursé. Un système que pratiquent déjà les assureurs privés. Un texte est actuellement en cours de validation au Parlement pour l’étendre aux mutuelles.

source : pourquoi-docteur.nouvelobs.com

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L’accès aux soins visuels est un vrai problème en France : en sous-nombre, les ophtalmologistes affichent un délai d’attente moyen pour un rendez-vous de 115 jours. Et le phénomène va s’accentuer : on estime qu’il y en aura d’ici quinze ans 30% de moins, alors que la population française, elle, augmente… et vieillit. Pour garantir l’accès aux soins visuels et surtout leur qualité, les partenariats avec les autres professionnels de la vue s’avèrent de plus en plus indispensables. Et aujourd’hui, ce sont vers les compétences des opticiens que les regards se tournent.

Collaborer pour améliorer l’accès aux soins visuels

Les problèmes d’accès aux soins visuels ne sont pas nouveaux. Depuis plusieurs années les professionnels tirent la sonnette d’alarme et les pouvoirs publics se penchent sur la question. L’une des solutions les plus prometteuses, efficace et rapidement applicable réside dans la collaboration entre les différents professionnels de la vision : ophtalmologistes, orthoptistes et opticiens.
Le rapport Berland, publié en 2003, évoque pour la première fois cette idée du « transfert de compétences » ou « délégation de tâches ». En 2009, la loi HPST (Hôpital, Santé, Patients et Territoires) consacre son article 51 à la question de la coopération entre les professionnels de santé : la procédure consiste à transférer certains actes ou activités de soins entre professionnels de santé volontaires, après transmission à l’Agence Régionale de Santé et validation par la Haute Autorité de Santé. Néanmoins à l’heure actuelle cette disposition n’a été que peu utilisée.
Mais face à l’urgence de la situation, de plus en plus de voix s’élèvent pour que soient mis en place des partenariats entre ophtalmologistes et opticiens, ces derniers ayant le double avantage d’être des professionnels formés et diplômés, et d’assurer une présence de proximité auprès de l’ensemble de la population.

Des appels multiples pour la mise en place de partenariats avec les opticiens

Si la piste des partenariats avec les opticiens n’est exclue ni du rapport Berland ni de la loi HPST, elle est donc aujourd’hui plus que jamais à l’ordre du jour. Marisol Touraine, ministre de la Santé, a présenté en octobre dernier 12 mesures dans le cadre de son plan de lutte contre les déserts médicaux : l’ophtalmologie y est spécifiquement désignée comme devant expérimenter le « transfert de compétences ».
La Ministre a par ailleurs précisé dans une déclaration que les opticiens pourraient « réaliser certains examens très précis ». Un rapport du Sénat publié en février dernier (*) sur les déserts médicaux affirme aussi que «  les orthoptistes et les opticiens pourraient accomplir certains des actes que les ophtalmologistes ne sont plus en nombre suffisant pour assurer en totalité  ».
Et l’année dernière déjà, Xavier Bertrand, alors ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé, avait déclaré que «  les opticiens ont fait leurs preuves en matière de délégation de soins  ». Difficile de se passer de leur concours en effet au regard de leur large implantation sur le territoire et de la manière dont celle-ci pourrait soutenir la politique de soins de proximité défendue par les gouvernements successifs. Ces derniers n’excluent d’ailleurs pas non plus la possibilité de partenariats de ce type. Le SNOF (Syndicat national des ophtalmologistes de France) avait ainsi évoqué la possibilité que des opticiens salariés exercent dans leurs cabinets des fonctions correspondant à leurs prérogatives actuelles (en l’occurrence la réfraction).
Bref, le principe général des partenariats semble faire l’unanimité, mais des querelles subsistent quant à leur nature : le terme « délégation de tâches » inquiète parfois, le débat ouvert à l’Assemblée par Gérard Bapt sur la reconnaissance de l’optométrie (que les ophtalmologistes ne voient pas « d’un très bon œil ») vient aussi perturber les discussions… Et pourtant, un consensus existe autour du fait que les partenariats strictement encadrés, qui n’écartent pas l’autorité médicale des ophtalmologistes, sont une véritable avancée pour la santé visuelle des patients.

L’expérience du renouvellement des lunettes

Il existe d’ailleurs déjà un dispositif législatif consacrant une forme de partenariat entre opticiens et ophtalmologistes. Depuis 2007 en effet, la loi de financement de la Sécurité Sociale permet aux opticiens-lunetiers d’adapter la prescription des verres correcteurs dans le cadre de leur renouvellement, pendant les 3 ans qui suivent la première prescription. Des limites précises garantissent que cette action ne puisse être assimilée à de l’exercice illégal de la médecine. Cette disposition, qui permet à la fois de libérer du temps aux ophtalmologistes tout en garantissant aux porteurs de lunettes un suivi régulier et efficace, reste malheureusement à ce jour peu utilisée… car mal connue du grand public. Pourtant elle pourrait être davantage exploitée, mais aussi étendue à d’autres domaines où la problématique du suivi est plus importante encore.

Les lentilles de contact : terrain privilégié pour développer un partenariat sécurisant pour le porteur

La question de la vente et de la prescription des lentilles de contact est actuellement au cœur d’intenses discussions juridiques : pressée par Bruxelles d’en libéraliser la vente en ligne, la France s’apprête à légiférer sur la question. Mais le projet d’arrêté du ministère de la Santé prévoit, outre les dispositions en matière de libéralisation de la vente, de supprimer l’obligation de prescription pour les plus de 16 ans. Autrement dit, plus besoin de passer par la case ophtalmologiste pour se voir délivrer un dispositif destiné à soigner notre acuité visuelle et en contact direct avec notre cornée – avec tous les risques potentiels que cela comporte.
Car une lentille de contact demande une adaptation d’abord, puis un suivi périodique : en tant que produit consommable, elle doit en effet être renouvelée fréquemment et faire l’objet d’une surveillance pour détecter les éventuels problèmes d’infection. Les opticiens (mais aussi les orthoptistes) formés en contactologie pourraient donc bientôt être amenés à assurer cette mission de suivi et de contrôle réguliers, dans des conditions encadrées par la loi, et après prescription initiale par un médecin qualifié.
Un partenariat de ce type permettrait à la fois de faciliter l’accès aux soins visuels (une visite chez l’ophtalmologiste puis un suivi, pour une période à définir, par l’opticien) et d’en assurer la qualité (seuls des professionnels formés interviennent dans le processus), sans que soit remise en question la libéralisation de la distribution (la vente elle-même peut s’effectuer en ligne, ou ailleurs).
Le Ministère de la santé trouve ici une belle occasion de mettre en pratique une solution appelée de ses vœux par les différentes parties prenantes de la filière, sans se mettre en défaut par rapport aux règles européennes, et surtout en préservant, en premier lieu, la santé visuelle des porteurs de lentilles.

Fluidifier l’accès aux soins optiques et garantir la sécurité des patients ne sont pas des exigences contradictoires

L’appui des opticiens dans le cadre du parcours de soins visuels est une voie encore trop peu explorée pour répondre aux difficultés d’accès à l’offre de soins dans la filière optique, dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Pourtant des dispositions légales existent déjà et des projets de lois sont en cours : il faut espérer maintenant que les applications concrètes suivront, pour que s’améliore une situation qui devient de plus en plus critique, eu égard notamment à l’inversion de la pyramide des âges.
source : carevox.fr

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La grande distribution a laminé les stations services, elle fragilise les librairies… va-t-elle maintenant mettre à terre les opticiens. Leclerc attaque le marché de l’optique en passant par le Net. Quelles sont ses chances de réussite ?

Michel-Edouard Leclerc repart à l’attaque. L’épicier breton qui a déjà laminé les stations services et qui rêve de piquer le boulot de tous les pharmaciens de France a lancé hier l’assaut contre les opticiens. Que viennent faire les centres Leclerc sur ce marché ?

L’offensive de Leclerc pour l’instant ressemble plus à une escarmouche qu’à une attaque totale et frontale contre les opticiens. Leclerc qui dispose déjà d’une soixantaine de centres optiques dans ces magasins lance en plus un site Internet qui va vendre des lentilles de contact et des produits d’entretien. C’est un vrai marché parce qu’il y a trois millions de Français qui portent des lentilles mais ça ne représente en fait que 3-4% du marché total de l’optique qui pèse 6,3 milliards d’euros par an. Le vrai marché ce sont les lunettes, on en vend près de 13 millions de paires par an, et ça pour l’instant Leclerc n’en vend pas sur Internet.

Comment vont réagir les opticiens ?

Ils vont quand même se sentir attaqués et ils ne pourront pas faire grand chose. Eux ont des charges locatives importantes car ils sont souvent en centre ville. Et puis la concurrence entre les opticiens a quelque chose de paradoxal. Il y a trop d’opticiens. Il y en a plus de 12.000, c’est presque 40% de plus qu’en 2000. Du coup, ils ne vendent que 2-3 paires par jour. Et ils font tout pour maintenir des prix élevés. Ca n’est l’intérêt de personne de casser les prix. Et là, ils vont avoir face à eux un casseur de prix qui va s’attaquer à une niche, les lentilles, une niche petite… mais une niche rentable. Ca va leur faire mal.

Quelles sont les chances que l’offensive de Leclerc marche ?

A mon avis le pari sera gagnant parce que les lentilles c’est beaucoup plus simple à vendre que les lunettes. C’est un marché de renouvellement qui se prête à la vente à la distance. Une fois que l’on connaît sa marque et les spécificités de sa correction, il suffit de racheter la même boite que la fois précédente en suivant l’ordonnance. Du coup, le seul critère qui compte, c’est le prix. Et en vendant via Internet Leclerc pourra facilement casser les prix d’au moins 30%. Parce que les marges potentielles sont importantes pour un distributeur comme lui qui aura à la fois de la masse, des économies d’échelle, et pas de loyer à payer.

Mais est-ce qu’il ne risque pas d’avoir lui aussi des concurrents sur le Net ?

Si. Il y en a même déjà. Marc Simoncini, le créateur de Meetic a lancé Sensee. Il n’a pas réussi à percer dans la vente de lunettes mais il vend déjà pour 20 millions de lentilles par an sur le Net. Leclerc n’aura pas le monopole de la vente sur Internet, c’est sûr. Mais d’abord le fait qu’il y ait plus de concurrence ça pourrait contribuer à dynamiser le marché. Et puis Leclerc a un autre avantage. Pour lui l’intérêt c’est d’avoir une stratégie multicanale. On commande sur le Net mais on va chercher sa livraison grauite à l’hyper. Et ça, ça génère ensuite du chiffre d’affaires. On sait bien que grande distrib ne cherche pas à gagner d’argent sur la vente d’essence. Le Diesel est un produit d’appel. Et bien les lentilles vont aussi l’être pour Leclerc.

source : blogs.lesechos.fr

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