Albin Paget veut jouer dans la cour des lunetiers de luxe

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février 11th, 2013

Category: Business, Lunettes

Le lunetier jurassien, qui produisait déjà des montures Inès de La Fressange et Georges Rech, mise sur une nouvelle licence avec le duo de stylistes Viktor & Rolf pour se faire une petite place face aux géants du secteur.

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À l’heure où triomphe le marketing «made in France», le lunetier Albin Paget compte bien revendiquer l’origine jurassienne des 150.000 lunettes qui sortent chaque année de son usine de Morez, capitale de la lunette hexagonale. Lunettes qu’il ne vend pas sous sa marque, mais en marques distributeurs, et sous licences (Inès de La Fressange, Georges Rech…).

D’ici à quelques mois, il produira et commercialisera dans toute l’Europe une troisième marque sous licence, à la fois branchée et prestigieuse: celle du duo de stylistes Viktor & Rolf. Un beau contrat pour ce tout petit acteur. Le marché des lunettes de luxe est en effet dominé par trois géants italiens – Luxottica, Safilo et Marcolin – qui se livrent une guerre sans merci pour gagner de nouvelles licences haut de gamme. Alors que les leaders du marché réalisent des milliards d’euros de chiffre d’affaires, Albin Paget en affiche à peine 5,5 millions.

Mais le petit jurassien prévoit déjà de grimper à 7 millions grâce à divers projets. Après Viktor & Rolf, il devrait en effet ajouter encore une autre marque de luxe à son modeste portefeuille. «On ne joue pas dans la même cour que la dizaine de gros groupes, surtout italiens, qui se partage la majorité des licences de luxe, reconnaît Jean-Michel Werling, qui dirige Albin Paget avec son associé Thibault Mortier. Mais sur ce marché en forte croissance, il y a de la place pour tous les acteurs, et notre fabrication en France est une force alors que beaucoup de lunettes sont fabriquées par nos énormes concurrents en Chine.» En Chine, où, selon les professionnels, les capacités de production, pourtant colossales, des usines de lunettes frôlent la saturation.

Cap à l’international

Jean-Michel Werling et Thibault Mortier ont repris récemment, 100 % du capital de l’entreprise à la famille fondatrice. Et ils espèrent bien progresser, grâce à ce «made in France», à l’international. Objectif: réaliser d’ici à deux ans 30 % du chiffre d’affaires hors de l’Hexagone, contre 10 % actuellement. Pour y parvenir, la société compte bien propulser Inès de La Fressange et Georges Rech davantage en Asie. Jean-Michel Werling est également en discussions afin d’étendre sa licence Viktor & Rolf aux États-Unis et en Amérique du Sud.«Ensuite, nous envisageons de lancer des lunettes sous notre propre marque, Albin Paget, qui jouit déjà d’une belle notoriété dans le milieu» , s’enthousiasme Jean-Michel Werling.

Par Anne-Sophie Cathala

source : lefigaro.fr


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