Didier Papaz : « Pour préserver leurs marges, les opticiens vont se fournir en plus grande proportion à l’étranger. »

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avril 14th, 2014

Category: Business

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Patron du premier réseau français, fort de près de 2.000 points de vente sous trois enseignes – Optic 2000, Lissac et Audio 2000 -, Didier Papaz exprime le point de vue des opticiens sur les projets du gouvernement de plafonnement de la couverture optique par les mutuelles.

Quelle est votre position sur les projets de plafonnement des remboursements du gouvernement ?

Nous attendons d’y voir plus clair. Nous appliquerons la loi. Mais nous sommes solidaires de l’action des syndicats de la profession. La filière française de l’optique fonctionne bien. Chez Optic 2000, 21 % de notre chiffre d’affaires est réalisé avec les fabricants de montures français qui offrent des produits de qualité appréciés des consommateurs. Les plafonnements envisagés vont obliger nos opticiens à se fournir en plus grande proportion à l’étranger, et notamment en Asie, afin de préserver leurs marges. Par ailleurs, nous sommes résolument contre l’idée d’un déplafonnement dégressif sur plusieurs années car cela serait impossible à gérer. Nos magasins ne peuvent pas ajuster leurs achats, leurs stocks et leur modèle économique tous les ans. C’est compliqué en termes de gestion. En l’état, le projet n’est pas acceptable.

Comprenez-vous la volonté du gouvernement de réaliser des économies sur les dépenses de santé ?

Oui, mais il n’est pas certain que ces mesures soient efficaces. L’idée est de redonner 1 milliard d’euros de pouvoir d’achat aux Français. Mais amputer le marché de l’optique de 20 % de sa valeur aura des conséquences sur l’emploi, chez les industriels comme chez les opticiens. Plus de 15.000 emplois sont en jeu. Optic 2000 s’adaptera. Les grandes chaînes profiteront de la concentration qui va s’opérer, mais je ne peux me désintéresser du sort des indépendants purs qui vont souffrir.

Par ailleurs, je ne crois pas que les mutuelles vont baisser leurs cotisations car elles doivent faire face au déremboursement de plus en plus de médicaments. C’est en réalité le but du gouvernement.

Mais n’y a-t-il pas trop de  magasins d’optique ?

Leur nombre a augmenté ces dernières années. Mais à proportion du développement du marché français. Le taux de renouvellement des lunettes s’est accéléré, ce qui est bon en matière de santé publique, et la population vieillit. En vingt ans, le marché de l’optique a été multiplié par 4.

Philippe Bertrand

source: lesechos.fr


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