Jean-Pierre Champion Un oeil neuf chez Krys Group

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juillet 1st, 2013

Category: Franchise

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« Dans les rêves commence la responsabilité. » Ces mots de William Butler Yeats vont comme un gant à Jean-Pierre Champion. D’ailleurs, s’il admire ces poètes anglais qui, de Wordsworth à Knox ou Kipling « fouillent l’âme humaine », le nouveau directeur général de l’opticien Krys n’en a pas moins les pieds sur terre.

Sans doute est-ce son père, commercial dans l’âme, qui a légué à ce Marseillais de cinquante-deux ans le goût de l’entreprise. Armé d’un DESS d’économie et de finance de l’université Panthéon-Assas, Jean-Pierre Champion y est entré, en 1986, rejoignant, à l’âge d’or de la micro-informatique, la SSII CCMX.

Et sans doute est-ce de son beau-père, propriétaire d’une écurie de trotteurs, terrifié à l’idée qu’il abandonne ses études pour faire des chevaux son « dada », que lui vient sa capacité à saisir les opportunités. Alors que les premiers téléphones portables suscitent l’engouement, avec la brutalité propre aux technologies phares, il intègre Vivendi pour piloter, en 2001, la division entreprises de SFR, avant de lancer, en tant que président de Debitel, le premier opérateur mobile virtuel en France.

Philosophie anglo-saxonne

Joueur d’échecs avisé, il s’oriente ensuite vers la distribution. Et préside Phone House, à l’invitation de son fondateur, Geoffroy Roux de Bézieux, avant de devenir, de 2011 à 2012, directeur général de la FNAC. «  Il a toujours su changer de métier. Il est direct, parfois dur en affaires, mais il écoute beaucoup. Et c ‘est un très grand manager », résume son ami Henri de Maublanc, fondateur, entre autres, d’Aquarelle. com.

Mais c’est avant tout au monde anglo-saxon que ce patron au physique de Lord doit sa philosophie. Outre la passion des poèmes d’outre-Manche que lui a transmise son épouse britannique, il y a chez Jean-Pierre Champion ce pragmatisme, cette rigueur, cette religion du management en vigueur dans les sociétés américaines. D’ailleurs, il fut, un temps, chargé de diffuser la méthode Six Sigma chez General Electric en Europe.

Car, en 1992, il a rejoint la galaxie de GE, comme directeur du marketing et des acquisitions de GE Capital Fleet Services. Cet adepte des « biographies de grands hommes aux prises avec leur destin » a même rencontré, par deux fois son patron d’alors, Jack Welch, et fut «  impressionné, surpris par sa connaissance des détails »… Déçu aussi par son entourage lénifiant. Bientôt, GE l’envoie au Royaume-Uni comme directeur des opérations et patron de filiale, puis au Benelux comme directeur général, et, enfin, à la Défense pour piloter GE Money Bank.

L’homme est secret : dans son bureau dépouillé de Nanterre, seules quatre photos de sa femme et de ses deux filles ornent une imprimante et son ordinateur. Mais Jean-Pierre Champion est plus passionné qu’il n’y paraît. Ce sportif, qui s’adonne intensément au golf, au tennis et au vélo, n’est jamais spectateur. « J’aime être dans le jeu pour me battre », déclare le nouveau patron de Krys Group. Désormais aux commandes de cette coopérative qui abrite 1.350 opticiens sous enseigne, 2.000 indépendants, 6.450 personnes et une usine, il entend bien mettre à profit son expérience, mêlant l’industrie, la distribution et l’Internet pour propulser les parts de marché de 15,5 % à 20 %. Quitte à «  rencontrer triomphe après défaite. Et recevoir ces deux menteurs d’un même front », comme le dit cet autre poème qui lui est cher, de Rudyard Kipling.

Laurance N’Kaoua

source : lesechos.fr


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