La concurrence entre opticiens s’accroît

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avril 12th, 2013

Category: Business

Selon Thierry Salomé, gérant du magasin Kriss, la crise a aussi rattrapé les opticiens.? - photo T.C.

Selon Thierry Salomé, gérant du magasin Kriss, la crise a aussi rattrapé les opticiens.? – photo T.C.

Les magasins d’optique ne sont plus aussi profitables qu’avant. Le secteur a connu une envolée, mais est désormais touché par la crise.

Opticien à Gien ? Ça eut payé. Le transfert du magasin Afflelou de la rue Gambetta, à la place Leclerc, à l’emplacement de la boutique Roullet, pourrait donner l’impression que les opticiens ont le vent en poupe. La réalité est plus nuancée.

« On a besoin d’avoir des emplacements bien en vue, avec plus de place, pour plus de service », souligne Alain Balouzat, gérant de la franchise à Gien. Avec cette nouvelle boutique, l’opticien, qui a trois autres magasins à Gien et Briare, va augmenter sa visibilité et sa surface de vente, mais n’occupera pas la totalité du local. Une partie du rez-de-chaussée et l’étage vont être mis en location.

« Autrefois, notre zone de chalandise était plus large »

Mais l’activité de cet opticien est-elle si florissante ? « On se porte correctement, répond-il. On peut faire mieux, j’attends mieux. » De côté de ses confrères giennois, on n’est guère plus enthousiaste. « On subit la crise comme tout le monde, pointe Thierry Salomé, gérant du magasin Kriss et voisin du premier. Les clients dépensent moins d’argent. Ils baissent leurs mutuelles, abandonnent les forfaits en option. »

De l’autre côté de la place Leclerc, le constat est identique. « Ça va nettement moins bien qu’il y a 20 ans, témoigne Pierre Bosset », patron des Opticiens mutualistes. À cette époque, Gien comptait quatre lunetiers, alors que la ville avait davantage d’habitants. « Notre zone de chalandise était beaucoup plus large, on avait des gens qui venaient de Saint-Fargeau, de Nogent-sur-Vernisson, d’Aubigny. Tous ces clients, on ne les a plus », ajoute-t-il.

Si le nombre de clients des enseignes a diminué, c’est parce que cette activité a attiré de nombreux candidats. « C’est vrai que c’est une profession qui marchait pas mal », reconnaît Pierre Bosset. La profession est devenue plus accessible, en raison de l’ouverture de nombreuses écoles d’optique, alors que peu d’établissements existaient auparavant. « C’est vrai que l’optique est un marché intéressant. On est passé de 7.000 à 12.000 en près de 10 ans », pointe Thierry Salomé. En plus de quatre magasins giennois, un a ouvert à Briare, puis un à Lorris, puis un autre à Bonny.

Réseaux fermés

Aujourd’hui, la cité d’Anne de Beaujeu compte sept enseignes de ce type. Pourtant, le nombre d’ophtalmologistes est en baisse. Il faut parfois attendre plus d’un an pour avoir un rendez-vous. « Forcément, on est impacté, on a beau faire des examens de vue, on ne remplace pas les ophtalmologistes », avoue Pierre Bosset. Toutefois, tous les opticiens ne partagent pas cet avis « C’est vrai qu’ils sont moins nombreux, mais ça ne nous empêche pas de travailler, répond Thierry Salomé. On a une population vieillissante, qui a forcément besoin de lunettes. »

Le principal souci des opticiens est plus structurel que conjoncturel, car la profession est en train d’évoluer. Les mutuelles s’organisent en réseaux fermés et commencent à proposer des prix inférieurs à ceux du marché. Elles passent par des plateformes de gestion qui nouent des accords avec certains opticiens pour leur proposer ces prix et envoient leurs adhérents dans ces magasins. Une situation qui risque de mettre à mal les magasins qui resteront à l’écart de ces accords.

Autant dire que la concurrence risque de s’accentuer dans les prochaines années, et quoi de mieux pour affronter le marché giennois, qu’un bel emplacement bien en vue.

Thibault Chaffotte
thibault.chaffotte@centrefrance.com

source : larep.fr


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