Myopie : faut-il se faire opérer ?

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août 3rd, 2012

Category: santé

Après la presbytie, la myopie représente le trouble visuel le plus répandu en France, avec 39 % de la population concernée (estimation basée sur les chiffres du Syndicat national des ophtalmologistes de France). Cent mille myopes optent chaque année pour l’opération, selon le Pr Thanh Hoang-Xuan.

La chirurgie est-elle aussi efficace que les lentilles ?

L’intervention a le plus souvent des motivations esthétiques ou de confort. Il s’agit aussi d’une alternative de choix pour les intolérants aux lentilles. Le Pr Thanh Hoang-Xuan souligne cependant que « les lentilles demeurent le meilleur outil de correction des myopies moyenne et forte, en termes de qualité de vision ».

Ainsi pour cette catégorie de myopes, à corrections égales, un porteur de lentilles aura une perception accrue des contrastes, et des distances, par rapport à un myope après opération. Cependant, l’acuité visuelle est la même.

Quand se faire opérer ?

La myopie doit être stabilisée : en moyenne, à 20 ans pour les myopies légères (jusqu’à -3 dioptries) et moyennes (de -3 à -6 dioptries), 28 ans pour les myopies fortes (excédant -6 dioptries).

A l’approche de la quarantaine, mieux vaut patienter. Car, quand la presbytie se manifestera, à partir de 40-45 ans, l’ancien myope devra rechausser ses lunettes pour lire ou se faire opérer de nouveau. Aux femmes enceintes, il est généralement conseillé d’attendre le terme de leur grossesse.

Une correction « à la carte » de la myopie

L’opération a pour objectif de modifier la courbure de la cornée. Elle se joue à l’échelle microscopique : un bilan préalable avec un ophtalmologiste ciblera le besoin exact de l’œil du patient.

« De nombreux facteurs entrent en jeu : anatomie de l’œil (épaisseur et forme de la cornée, diamètre de la pupille), activités visuelles professionnelles et de loisir du patient… », précise le Pr Thanh Hoang-Xuan. Il s’agit aussi de déterminer qu’il n’existe aucune contre-indication (certaines pathologies oculaires et générales…). En fonction de votre profil, différentes techniques peuvent être employées.

Pour les myopies légères et moyennes : la chirurgie par laser

Le laser de surface, ou PKR, est utilisé dans 50 % des cas. Le geste chirurgical consiste à appliquer le laser à la surface de la cornée, après avoir retiré l’épithélium (tissu de recouvrement de la surface et des cavités internes de l’organisme). Cette technique est notamment prescrite aux cornées trop fines pour une opération au laser Lasik. Elle a l’inconvénient de provoquer des douleurs 24 heures après l’opération, et une récupération visuelle assez lente (une semaine en moyenne).

Plus récent mais plus coûteux, le laser Lasik est moins contraignant. « Le chirurgien découpe une lamelle dans la cornée, sous laquelle il modifie la courbure au laser », résume le Pr Thanh Hoang-Xuan. Ce procédé n’entraîne pas ou peu de douleur postopératoire, et la récupération visuelle est quasi immédiate (24 heures). Cependant, il cause parfois une sensation désagréable de sécheresse de l’œil, pouvant durer de quelques jours à plusieurs mois.

Pour les myopies fortes : la pose d’implants

La pose d’implants intraoculaires est destinée aux myopies fortes. Il s’agit d’une opération plus invasive, sous anesthésie locale ou générale, qui consiste à poser des « minilentilles » directement dans l’œil. La récupération visuelle est très rapide.

Vers une nouvelle technique ?

A noter enfin, l’apparition récente de l’intralaser, qui devrait permettre de corriger toutes les myopies. Ce nouveau laser ne nécessite pas l’usage d’une lame pour pratiquer une ouverture dans la cornée : toute l’opération se fait au laser. Cette technique est très prometteuse au vu des premiers résultats.

Le Pr Thanh Hoang-Xuan modère cependant l’enthousiasme qu’elle peut susciter : « Contrairement aux autres méthodes qui ont fait la preuve de leur efficacité et dont on connaît bien les limites, on manque encore de recul sur celle-ci. Mieux vaut patienter encore. »

Opération de la myopie : quels tarifs et quels risques ?

Quelle que soit la technique utilisée, l’opération de la myopie dans son ensemble dure environ une demi-heure, mais le geste chirurgical proprement dit ne prend que quelques minutes. L’hospitalisation n’excède pas une demi-journée.

Comme pour toute chirurgie, diverses complications peuvent survenir pendant et après l’intervention. Elles sont devenues heureusement exceptionnelles lorsqu’on respecte bien les indications.

Quels sont les risques ?

Concernant les opérations au laser, l’ectasie, une déformation secondaire de la cornée pouvant aboutir à une perte de l’acuité visuelle, représente la complication la plus redoutée.

« Cette pathologie est très rare, tempère le Pr Thanh Hoang Xuan, elle concerne environ 2 à 5 cas pour 1 000. » Par ailleurs, certains patients voient leur myopie réapparaître, ou constatent l’apparition d’aberrations visuelles (par exemple, des halos autour des lumières), heureusement peu gênantes.

Combien ça coûte ?

Une opération reste coûteuse, et n’est pas remboursée par la Sécurité Sociale. Renseignez-vous auprès de votre mutuelle : certaines d’entre elles la prennent en charge.

Comptez pour les deux principales techniques au laser une moyenne de 1 000 (PKR) à 1 500 (Lasik) euros par œil. Pour l’intralaser : 3 500 euros pour les deux yeux. Pour la pose d’implants : de 2 500 à 3 500 euros pour les deux yeux.

Des réserves pour certaines professions

L’exercice de diverses professions est soumis à des règles autorisant sous certaines conditions la chirurgie de la myopie, notamment dans certains secteurs comme l’armée, la police, la gendarmerie, la marine, les sapeurs-pompiers, la SNCF, les transports aérien ou routier… Mieux vaut se renseigner au préalable.

Auteur:
Angélique Fragnier
Consultant(s):

Pr Thanh Hoang-Xuan, ophtalmologiste, chef de service à l’hôpital américain de Paris.

source : santemagazine.fr

 


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